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Amira Mihailescu
Avez-vous fait toute votre scolarité dans une école française ?
En quelle année l’avez-vous quittée ?
Et le cas échéant, quel(s) diplôme(s) ?
J'ai commencé ma scolarité dans une école française en 1990, en classe de seconde. Je l’ai quittée en 1993, avec le diplôme du baccalauréat.
Votre scolarité dans une école française a-t-elle correspondu à une histoire ou une tradition familiale particulière ?
Avant 1989, en Roumanie, la scolarité des enfants roumains dans l’école française de Bucarest était interdite par les autorités communistes. J’ai eu la chance d’être adolescente au moment de la chute du régime communiste, en décembre 1989, et de pouvoir intégrer l’école française, dès la rentrée 1990.
Aujourd’hui, dans ma famille, on peut parler d’une tradition : mes deux enfants sont déjà à l’école française de Bucarest, comme leur maman. Ils sont à la maternelle.
Quel a été ensuite votre parcours d’études ? Votre parcours professionnel ?
J’ai été à la Faculté des sciences politiques de l’université de Bucarest, section langue française, et j’ai un master en relations internationales. J’ai bénéficié de nombreux cours de perfectionnement en France et en Suisse.
Je suis diplomate au ministère des Affaires étrangères de la Roumanie.
Pensez-vous que votre scolarité dans une école française a eu une influence sur vos choix d’études ? Sur votre projet professionnel ?
Grâce à ma maîtrise du français, j’ai pu opter pour la section en langue française de la Faculté des sciences politiques de l’université de Bucarest et suivre de nombreux cours de perfectionnement éducatif et professionnel en France et en Suisse.
Comme diplomate, la connaissance de la langue française ne peut être qu’un grand avantage : le français reste toujours très utilisé dans le milieu diplomatique et est une des langues officielles des organisations internationales. En plus, ma scolarité dans le cadre de l’école française ne m’a pas seulement appris à maîtriser la langue française, mais, le plus important, à penser librement. Apres neuf ans dans un système éducatif communiste, ma scolarité dans le cadre de l’école française, dans un milieu multiculturel et de liberté de pensée, a été une chance inouïe pour moi.
Quels ont été, selon vous, les apports principaux de votre scolarité dans une école française ?
Cadre multiculturel, liberté de pensée, connaissances essentielles sur la culture française et internationale.
Quel a été, pour vous, l’apport de l’école française dans le domaine de l’apprentissage des langues ?
Très bon – j’ai eu un bon apprentissage de l’anglais et de l’espagnol.
Que pensez-vous des valeurs transmises dans le cadre de la scolarité dans une école française à l’étranger ?
Rigueur, liberté de penser, esprit critique.
L’école française que vous avez fréquentée vous a-t-elle semblée ouverte à l’environnement social et culturel local ?
Il me semble qu’elle est plus ouverte maintenant qu’il y a 15 ans, lors de ma scolarité.
Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux jeunes en matière d’orientation scolaire et professionnelle, compte tenu de votre expérience ?
Les écoles françaises à l’étranger nous habituent, dès notre plus jeune âge, à un cadre multiculturel. Il s’est avéré très utile pour mon futur métier – la diplomatie.
L’école française : un bon souvenir ? Des regrets ?
De bons souvenirs : mes camarades, de tous les coins du monde, ma soif d’apprendre.
Des regrets : mes enfants ont la chance de pouvoir apprendre dès leur plus jeune âge (école maternelle) à l’école française de Bucarest. Je regrette que moi je n’ai pas pu le faire à cause du régime totalitaire de l’époque.