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Témoignage de Ricardo M. Letelier, ancien élève de plusieurs établissements français à l'étranger

Ricardo M. Letelier

  • Lycée français Chateaubriand de RomeItalie
  • Lycée français Vincent-Van-Gogh de la HayePays-Bas
  • Lycée français Jean-Mermoz de Buenos AiresArgentine
  • Lycée français Saint-Exupéry de SantiagoChili

Avez-vous fait toute votre scolarité dans une école française ?
En quelle année l’avez-vous quittée ?
Et le cas échéant, quel(s) diplôme(s) ?

Toute ma scolarité a eu lieu dans des écoles françaises (lycée Chateaubriand de Rome, lycée Vincent-Van-Gogh de la Haye, lycée Jean-Mermoz de Buenos Aires et lycée Saint-Exupéry de Santiago).

Votre scolarité dans une école française a-t-elle correspondu à une histoire ou une tradition familiale particulière ?

Pas nécessairement. Ma mère était francophone mais, si j’ai suivi des études dans des écoles françaises, c’est parce que mon père était diplomate et que le système international d’écoles françaises nous permettait d’avoir une sorte de stabilité scolaire au cours de nos études.

Quel a été ensuite votre parcours d’études ? Votre parcours professionnel ?

J’ai fait des études en biologie marine au Chili, suivi d’un doctorat en océanographie à l’université de Hawaï.

Depuis 1994, je suis à Oregon State University, d’abord en tant que « postdoc » puis comme professeur d’océanographie.

Pensez-vous que votre scolarité dans une école française a eu une influence sur vos choix d’études ? Sur votre projet professionnel ?

Plus que ma scolarité en général, ce sont certains professeurs qui ont eu une profonde influence dans mon choix d’études et mon projet professionnel. Particulièrement, mes professeurs en littérature et en histoire et géographie. Ils m’ont enseigné à écouter, regarder et étudier au-delà des idéologies et des nombres. Ils m’ont appris qu’on peut avoir de multiples réponses qui sont correctes dans le cadre d’une même question et que le procès mental par lequel on arrive à une solution est aussi important que la réponse que l’on choisit.

Finalement, ils m’ont aidé à développer une approche dialectique pour découvrir comment mes préjugés affectent la vision que j’ai du monde. En bref, ils m’ont transmis une passion pour les études et la recherche.

Quels ont été, selon vous, les apports principaux de votre scolarité dans une école française ?

Le développement d’une méthodologie d’étude, la capacité d’être critique (dans le bon sens) et la capacité de synthèse.

Quel a été, pour vous, l’apport de l’école française dans le domaine de l’apprentissage des langues ?

Difficile à dire puisque j’ai appris les langues pendant différents stages à l’étranger.

Que pensez-vous des valeurs transmises dans le cadre de la scolarité dans une école française à l’étranger ?

Si, du point de vue des études et du travail, les lycées français m’ont transmis l’importance d’être responsable, dans le domaine de la morale, la discipline était plutôt relâchée. Le message de l’autorité semblait dire que les notes et le niveau académique du lycée était plus important que les valeurs morales.

L’école française que vous avez fréquentée vous a-t-elle semblée ouverte à l’environnement social et culturel local ?

Pas du tout, entre 1966 et 1978, j’ai toujours eu l’impression qu’à l’école, le drapeau et l’hymne national était le seul symbole culturel du pays dans lequel nous habitions.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux jeunes en matière d’orientation scolaire et professionnelle, compte tenu de votre expérience ?

La plus grande partie de l’information qu’on reçoit à l’école se trouve dans les bouquins. Ce qui est important, c’est l’enseignement d’une méthode d’étude, de recherche, de critique et de synthèse. Ce qui m’a servi le plus, c’est la méthode d’étude, la discipline et la responsabilité.

L’école française : un bon souvenir ? Des regrets ?

Un bon souvenir, des grands amis au bout du monde pour toute une vie.